cocon sonore 3 - Spéciale Prince

C'est souvent au moment du décès d'un artiste qu'on se précipite pour se pencher sur son oeuvre, alors que l'on n'avait jamais trouvé le temps de son vivant, la valeur symbolique de ses productions augmentant mécaniquement, face à la certitude qu'il n'y en aura pas d'autres. Hormis les initiatives douteuses visant à faire revivre des musicien.ne.s disparus en sortant des albums posthumes ( please leave Aaliyah alone! ). Je ne me suis pas prêtée à cet exercice convenu immédiatement après la disparition du monumental Prince. Ce n'est que récemment que j'ai entrepris de me plonger dans son abondante discographie. A plusieurs point de vues, Prince me semble incarner un âge d'or révolu, dont tous les aspects ne sont pas forcément à regretter d'ailleurs. Homme orchestre, expérimentateur infatigable, embrassant musique et cinéma (avec un jeu d'acteur discutable), icône mondiale mythifiée avec 44 albums à son actif, Prince c'est aussi une façon de se présenter au monde, entre brouillage assumé de l'expression de genre et renvoi à l'expéditeur des projections sur la race. Comme évoqué dans le morceau Controversy , tiré de l'album du même nom:

"I just can't believe all the things people say (controversy)

Am I black or white, am I straight or gay? (controversy)"

Etrangement, l'écoute de ses premiers albums m'a provoqué une sorte de regret mélancolique un peu illégitime, la nostalgie d'une oeuvre pourtant inconnue, dont je déplore de ne saisir l'intérêt et l'impact que maintenant. Téléportée dans les années 80 et début 90, j'ai enfin été mise en contact avec les synthés, les boites à rythmes qui ont infusés mon enfance, et dont j'ignorais d'où ils venaient vraiment. La nostalgie est sans doute aussi ce qui a poussé des générations à ne retenir de Prince que quelques albums emblématiques sortis avant 1990, et donc, quelque part, à l'enfermer dans une jeunesse disparue. Alors que ses dernières années ont été tout aussi prolifiques. La setlist de l'émission hommage des Grammy de 2020 , qui se focalise exclusivement sur cette période, en est le parfait exemple. Et toi, quels son t tes sons préférés de Prince? Petit clin d'oeil pour ceux qui ont regardé la série She's gotta have it de Spike Lee sur Netflix : la rythmique au tout début du générique est l'intro du morceau Raspberry Beret , joué en entier dans l'épisode 10 de la saison 1.

Prince - Private Joy

Prince - Party Man

Prince - Do It All Night

Prince & The Revolution - Let’s Go Crazy

Prince - 1999

Prince & The New Power Generation - Cream

Prince - How come you don’t call me anymore ( acoustic piano version)

Prince & The Revolution- I would die for you

Prince & The Revolution - Mountains

Prince & The Revolution - The Beautiful Ones

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